Le sexe des agents


Depuis Darwin [2] et plus récemment Fisher [4], l’importance du sex-ratio pour la survie et la stabilité des populations est un fait établi en biologie évolutive. Cependant, la résilience de cet équilibre reste mal comprise lorsqu’elle est confrontée à la fois à des héritages biologiques biaisés ou à des préférences culturelles contraintes par des ressources limitées. Ce travail utilise la modélisation multi-agents pour interroger la stabilité du sex-ratio à travers trois dimensions fondamentales : La diversité des stratégies de reproduction, l’impact des biais génétiques et la limitation budgétaire. Nos simulations démontrent que si le ratio 50%- 50% pour males-femelles agit souvent comme un attracteur robuste face aux dérives génétiques, l’introduction de nouvelles considérations change radicalement la dynamique du système. Plutôt qu’une convergence fluide, notre modèle révèle l’existence de "seuils de rupture" où la poursuite d’une stratégie familiale sous contrainte ne mène pas à un rééquilibrage, mais à une extinction de la population considérée. En explorant ces trajectoires, ce modèle met en évidence comment la limitation des moyens, loin  d’être un paramètre secondaire, peut amener une préférence culturelle ou un biais biologique vers d’autres équilibres. Ce travail se place au carrefour des systèmes multi-agents, de la biologie évolutive et de l’économie comportementale.